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La bombe migratoire

dimanche 28 mai 2006, par Claude Cordier

Le matin je sors pour prendre l’air à Paris.

Je croise Mouloud qui me dit Salam ! Michael qui me fait Hi ! Lisa qui me crie Bonjour de sa fenêtre, Saturnino marche un moment à mes côté sans rien dire puis traverse la rue en chantant Ciao zoziau !

A Glasgow, un samedi, près du jardin botanique Il semblerait que je doive me taire, les autres chantent mieux que moi mais sont un peu bourrés et plus.

Zoo de Berlin, On m’introduit auprès de l’ours polaire qui tourne en rond comme un cinglé malheureux qui me dit que je fais pareil. Je réplique que ce tour je le fais du nord au sud et pas dans 50 m²,l’ours cligne d’un oeil et se noit dans la piscine.

DierenPark Hollande : tous les volatiles me reçoivent gentiment, cela coince avec les ibis du Nil moches et si imbus d’eux mêmes, suite à leur passé historique, qu’ils me jèttent. Et pourtant en ce lieu je me suis fait des copines sincères les loutres, qui certes ne volent pas, mais nagent comme je vole.

Reykjavík,seul sur le port,soudain tels des zoziaux affolés, les gens m’abordent, me couvent, me chantent des chansons d’antan, même les macareux si sombres insistent. Je dis : mais où est le fou de Bassan ? Et l’albatros dit : il est resté sur son île et moi et mes ailes qui m’empêchent de marcher (cf Baudelaire) ai parcouru tout ce chemin avec toi sans que tu me vois, pour que tu puisses nicher en les chemins creux du monde fait de feu, de tonnerre et de mousse . Et je redis : où est le Fou qui me promit la fin du monde que je tiens entre mes pattes et que je ne sais où balancer ? Une oie du Canada se leva et dit : ce n’est point mon parcours, mais je vais bifurquer et prendre en charge le message du Fou et balancer le tout sur Paris la belle qui le vaut bien.

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