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Tu t’es vu quand tu es toi

vendredi 28 octobre 2005, par Claude Cordier

28/10/2005

Il est donné aux humains de pouvoir avoir un regard sur eux mêmes, les animaux ne s’embarassent pas de cela et ont raison, ce face à face doit être honnête, on triche avec les autres comme on ne peut pas le faire avec soi.


Tu ressembles à un bloc de charbon. Tu attaques tes ongles comme des ennemis à éliminer, tu grattes tes croûtes jusqu’au sang. Et ce sang tu le lèches comme un vampire de toi même. Et tu fais de ton corps un paysage outragé et de ton espace une cave endeuillée. Tu encombres ta vie de tes rêves glauques dont tu te souviens jusqu’au moindre recoin visité et signifiant , le plus petit clin d’œil, la couleur des yeux du tortionnaire et la réplique inique qui te fait te réveiller en larme et sa mémoire, surtout sa mémoire, qui n’est que la tienne. Et tu te plains que personne ne t’aime, alors que tu abreuves ton existence, de culpabilité, de punitions, de tortures, de frustration, de non désir, de refus de jouissance. Il existe des êtres qui savent faire fondre le bloc de charbon pour le transformer en bouillasse amicale et en gaz euphorisants. Regarde autour de toi, rien n’est définitif, tout varie à chaque seconde, rien n’est rédhibitoire, ce que tu es tu ne le seras plus à la seconde suivante, alors cesse de fixer le passé car il ne te concerne plus.

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