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LES CHATS SANS QUEUE DE BANGKOK

dimanche 28 août 2011, par Claude Cordier

En hommage à Hervé qui s’y trouve et à moi qui y fut en handicap avéré. Un chat sans queue ne peut plus battre la mesure ni sauter très haut.

On m’avait conseillé de voguer sur le Chao Phraya :"C’est beau comme Venise, Bénarès, Bruges !!?" C’est trop moche. Nous sommes en novembre, des pompes rejettent vers le canal des trombes d’eau sale. Je songe à l’état du lieu en période de mousson. J’embarque sur un frêle esquif longiligne peu stable dont le moteur au bout d’une longue perche brasse le liquide glauque à l’horizontal. Nous avançons bruyamment, le fleuve canalisé est trop large, les berges sont trop laides, trop encombrées de cabanes en tôle, d’immeubles trop décrépis, les tours récentes trop hautes n’encombrent même pas l’horizon trop gris. Une barque nous frôle, des boissons à vendre, refus, trop lourde l’insistance. Le pilote reste muet, à l’arrivée il indique du doigt un immense escalier blanchâtre face au quai d’abordage. En bon croyant, il est fier de ce temple hindou mâtiné de bouddhisme, le Wat Arun tout couvert de trop de fragments de porcelaine. Je n’ai pas pu escalader ses marches trop étroites, mais ai rencontré, au sol, de gentils chats à la queue coupée trop court, génétique ou sacrifice au temple ? Les chats siamois comme les bateliers thaï n’expliquent pas, ils survivent. Tous trop aimables.

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