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EPITAPHE

dimanche 22 mai 2011, par Claude Cordier

D’après le gros Robert, issu de mon sein gauche, ce mot vient du latin epi « sur » et « taphos » tombe, donc un texte pour les trépassés. A savoir que le trépassé, sans passé, surpasse celui qui ne fait que passer mais souhaite laisser une trace.

L’est défunte la mémé, 90 balais bien passés, de mon temps les vieilleries soufflaient pas leurs 70 bougies. L’avait plus qu’un dentier mal fixé, dans le verre elle le regardait bouche bée comme un animal sauvage prêt à la dévorer. Elle voulait plus mâcher et comme un bébé se contentait de bouillie et purées. Elle savait plus trop lire, du fait de ses lunettes qu’elle n’a jamais fait changer par peur de l’opticien qui la reluquait, ou de la noirceur de ses fenêtres qu’elle faisait jamais nettoyer, ou de son cerveau tellement embrumé que les mots d’avant n’avaient rien à voir avec les mots d’après. Elle était très confuse la mémé, surtout désolée de ne plus parvenir à assurer son rôle de mère nourricière intelligente et vive comme avant. Avant la fin de son monde, avant la technologie qui agrémente la vie des petits et tourmente celle des grands, avant cette minute où soufflant 70 bougies elle murmura : Que la mort est jolie ! Et resta ICI.

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