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SOHAN PAPDI

jeudi 31 mars 2011, par Claude Cordier

Papa a pas dit quoi ? On dira ce que l’on voudra, l’Inde restera ce qu’elle fut, bruyante, tumultueuse, poussiéreuse, peu avenante, épouvantable, mystique et géniale cuisinière.

Elle peut se résumer en la dégustation du Sohan Papdi Le sommet de l’art de la complexité ne réside pas dans la difficulté à trouver les ingrédients rares, comme nous le faisons en France avec la truffe ou autres denrées coûteuses, mais dans la durée attentive à l’usage de farines d’usage courant durant trois heures. Il s’agira de se fournir en farines de soja, de pois chiche, de riz, de blé, puis du sucre, d’’huile d’arachide, de cardamomes moulues. Ces miracles de graines qui dès l’écrabouillage entre les doigts exhalent l’odeur du thé indien. Le reste n’est que du tout venant, pistache et amande même pas de safran. Le résultat, un feuilleté finimaliste, sucré juste ce qu’il faut, de texture proche d’un bois fibreux de type épicéa blanc, fondant sous la langue qui laisse en bouche une terriblante envie de regoûter. Le tour de main consiste à tamiser les différentes farines sur la base sucrière, puis les épices, sans jamais cesser de remuer sur le feu. Cette maharajeste recette nécessite la présence active permanente durant trois heures de deux marmitons amoureux pour qui les filaments sucrées sont autant de messages muetzodorants.

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