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SCHERZO pour une bombe

dimanche 28 août 2005, par Claude Cordier

Le vent a tout bon quand il se prend à écouter la musique des gens

Nous étions de joyeux instrumentistes et de superbes oreilles averties : Mendelson, scherzo d’une nuit d’un été, 1951 dirigé par Fritz Reiner en 1951. « Tout petit, tout petit, voyez comme l’envolée est joliette. » murmura la prof comme si parler plus haut que l’instrument était fauter. Elle, la grande, la fastueuse,la idolatraze,la merveille nous fit clarinetter et entretint notre toute jeunette adaptation sonore à une idyllique nuit d’été. En aparté sur mon branchement sonore personnel j’écoutais l’inécoutable, le mal foutu, le détraqué, le non harmonique, le putride relent de la rue en manque de tout et en révolte. Nous étions de joyeux instrumentistes tous constipés par l’obligation de jouer juste et d’honorer la mémoire du grand compositoire et associés. La déflagration nous prit de plein fouet, certains perdirent la totalité des sens et le reste avec. D’autres juste l’ouie et une certaine difficulté à respirer. Nous étions de joyeux instrumentistes sourds, muets d’effroi, et bourrés de souvenir d’un scherzo d’une nuit d’été, qui fait que je pianote sur des feuilles blanches pour ne plus écouter ce que je ne puis entendre.

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