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PÉNIBLE, LA MÉMÉ

jeudi 27 janvier 2011, par Claude Cordier

A ma sœur et mes enfants.

Elle commence à faire peser sur ma conscience le fait que je ne suis pas partisane de l’euthanasie et qu’en ce cas elle ne pourra pas compter sur moi pour l’étouffer, l’empoisonner, taillader ses veines ou les tubes qui alimenteront son corps mais plus rien de son esprit, dès qu’elle en aura franchement marre de la vie. Certes, elle fait tout ce qu’il faut pour m’encourager à trouver des solutions terminales, elle devient acerbe voire haineuse. Je sais qu’elle se force, car elle fut d’un naturel gentil et si je l’entends dire, lorsque je lui propose de retirer son manteau :
- Tu m’emmerdes, je fais ce que je veux ! Je traduis : je n’ai pas trop chaud mais tu m’agaces.
- Tu ne comprends rien à mes problèmes, je suis seule. Je compatis : papa est mort mais il te reste des amies.
- Quelles amies ? Elles se sont toutes suicidées, je porte malheur. Je tente de combler le vide en murmurant et celles qui jouent avec toi chaque mercredi ?
- Elles sont toutes malades ou handicapées, elles ne parlent que de leurs ordonnances. Tu pourrais discuter de politique, la liberté d’expression, en Tunisie ou ailleurs, au Tibet par exemple ?
- C’est où le Tibet ? C’est certain la mémé a voté pour l’euthanasie.

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