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TRANQUILLE,

vendredi 27 août 2010, par Claude Cordier

si tranquille que même le tonnerre n’y ferait rien.

Imaginez un hibernant, l’estomac plein de toutes les richesses nutritives prodiguées par la nature et ne faisant que dormir jusqu’au printemps, planqué dans une grotte, rassuré dans un tronc d’arbre, recroquevillé sous un monticule de neige, allongé dans un terrier. Imaginez vous, c’est très simple, vous êtes repus, le sommeil vous prend dès que la froidure arrive. La température de votre corps descend, un certain engourdissement des membres vous invite à ne plus bouger, votre respiration faiblit graduellement, vous ne ressentez aucune faim, ni soif, vous rêvez de jolis épisodes où personne ne vous pourchasse ni ne vous dévore, vous êtes bien. Puis le printemps survient et la frayeur aussi. L’ourse, habile cachotière, fait semblant d’hiberner, elle joue la carte : je me dissimule, je réduis ma consommation énergétique et pourtant j’enfante, j’allaite, je protège mes rejetons et m’éveille au moindre danger, tandis que l’ours dort à pattes fermées comme un loir. Chaque matin, l’humain émerge, hibernant provisoire de son propre univers et, terrifié, affronte les rigueurs estivales.

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