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LA PUANTEUR ET LA GRÂCE

lundi 6 juin 2011, par Claude Cordier

Je reçus le sublime enseignement d’une philosophe qui pensait que "La pesanteur et la grâce" de Simone Weil résumait toutes philosophies. Au bac je démontai habilement la théorie Sartrienne "L’existence précède l’essence". Depuis, je balance.

Des odeurs et autres pestilences.

Moi, dit la civette Luwak, je mange les fruits du caféier et mes crottes se vendent à prix d’or pour produire le meilleur breuvage de la terre. Il n’empêche, dit l’éléphant, que vous savez puer très fort si nécessaire. Quant à mes propres excréments ils sont si peu odorants que certains les pressent pour fabriquer du papier. Moi, rétorqua la vache, ma bouse est omniprésente dans bien des contrées, on me nourrit juste pour ses effets : isoler les murs, cuire les aliments, faire des pansements et même guérir. L’impala sauteuse argumenta : mes légers crottins dispersent les grains et font pousser la verdure, votre nourriture. Le lion réfléchit et se dit, je mange les herbivores pourquoi ne puis-je moi aussi jouir d’excréments à l’odeur suave ? Pourquoi d’aucun s’écarte lorsque je bave ? Pourquoi mes pets intempestifs envahissent les massifs ? Pourquoi lorsque je rote la hyène sanglote ? Pourquoi mes déjections ne sont que dévastation sans nourrir personne que les cloportes. Le cloporte annonça : qui que vous soyez malodorants ou frais, sachez que votre intime fumet trace votre chemin bien plus sûrement que la carte Michelin.

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