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ON EST HEUREUX NATIONALE 7 (POUR LA ROUTE)

mercredi 12 mai 2010, par Claude Cordier

Réveil au son du clairon « Soldat lève toi bien vite » sifflé par le père pour départ à 5H afin d’éviter les Z’Autres. Le père « fait la malle » (il ne déguerpit pas, il range les bagages),le coffre est restreint, il place

des cantines sur la galerie comprenant le minimum pour camping sauvage dont le seau en toile. La mère a prévu les sacs à vomi,à Fontainebleau après avoir demandé 20 fois « Quand c’est qu’on arrive ? » la petite, placée inconfortablement les pieds sur la barre de la Traction et sans accès à la fenêtre, remplit le sien. Le père attend le deuxième sac avant de s’arrêter, car il n’est pas question de réduire la moyenne prévue:telle ville à telle heure, tout est inscrit sur un carton. L’enfilade des platanes hypnotique et l’odeur du tabac paternel remplissent le sac de la grande. Le père s’arrête à une pompe à essence, vidanges diverses, vomis et vessies. Pour distraire : décompte des voitures noires, puis des immatriculations 75, le frère gagne, la grande maugrée et la petite vomit à Tournus. Lyon est embouteillé mais « A Valence le midi commence ! » dit le père. La route est encore longue pas question d’acheter du nougat à Montélimar. On passera la nuit à la belle étoile sous les chênes liège de la Garde Freinet, la petite ne dormira pas à cause des cigales qui crissent. Au matin, miracle, la chapelle saint Anne puis le Boulevard Patch et sa descente vers la mer, les 7 pins de la plage de Pampelonne sous lesquels sera montée la tente canadienne, le sable mistral assaisonnera les coquillettes, le père chassera la rascasse et piègera le poulpe. Le paradis au bout de la nationale 7 en juillet 1956. Depuis, la tarte tropézienne n’est plus sablée et la petite ne voyage qu’en avion.

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