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LE PETIT EST MORT

mercredi 10 mars 2010, par Claude Cordier

Rien ne laissait présager l’horrible dénouement. On avait tout fait pour le préserver depuis sa naissance...

nourri biologiquement, bien entretenu, dorloté, nettoyé avec amour. Né au printemps, on sentit en début d’hiver qu’il aurait du mal à le passer. Les conseils d’éminents spécialistes furent prodigués, nous devions nous soumettre à leur prescription : éloignement temporaire du petit du lieu de vie des parents, placement dans un établissement mieux adapté à son état afin de le protéger des pollutions extérieures, des sautes de température, visites autorisées minutées sous contrôle. On accepta tout, même si nos cœurs fendaient. Au début du printemps suivant, il put nous rejoindre, il était malingre, pâle, déshydraté. On fulminait : ILS ne se sont pas bien occupés de LUI ! On se souvenait de nos furtives visites à la cave, le temps compté par les autorités d’une minuterie d’éclairage, nous l’abreuvions de nos larmes inutiles. La terrible réalité nous percuta : ILS ont omis de LE préparer à la réinsertion, lui tailler les tiges, aérer ses racines, le Petit Géranium en crève. Retournons chez la mère Truffette pour en adopter un autre, il n’est pas certain qu’il nous consolera de notre premier.

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