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DE WALTSE À BODHNATH, QUAND LA ROUTE N’EXISTE PAS.

jeudi 8 avril 2010, par Claude Cordier

Sonam Y. habite la vallée de Limi à 3900m d’altitude au pieds du mont sacré Kailash. Depuis le traité sino népalais cette portion du Tibet est népalaise. La population est bouddhiste, aucune école, peu de ressources, éloignée de tout.

Elle a mis au monde 4 enfants, son mari est artisan, elle s’occupe de la ferme. Ils ont marié leurs deux filles, le cadet souhaite rester au monastère. L’ainé, qui fut moine, seule solution en ce lieu pour recevoir un minimum d’éducation, a grâce à son oncle réussi à passer les cols afin de rejoindre une bonne école de Katmandu. En automne, Sonam Y a décidé de prendre le sentier avec d’autres habitants de Limi et de marcher des jours et des jours, car aucune route n’existe, afin de rejoindre cette vallée où son fils Tenzin vit et étudie. Cela fait 9 ans qu’elle ne l’a pas serré dans ses bras. Il a grandi, il est bien éduqué, instruit, grâce ces parents lointains qui s’occupent de lui comme de leur propre enfant, c’est un bon garçon qui respecte les traditions mais parle anglais couramment. Lorsque Sonam place son front contre celui de la marraine elle ressent une émotion intense, remercie et pleure, la dame lui dit « Tu pourrais être ma fille, Tenzin serait mon petit fils et nous sommes de la même famille puisque nous aimons la même personne » Nous avons festoyé ensemble pour Losar le nouvel an tibétain. Puis, Sonam Yangzom a rejoint son mari à Waltse, par le long chemin au travers des cols,avec ma photo en souvenir. Tashi delek à tous.

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