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S’il trépasse avant moi, mon homme

mardi 26 janvier 2010, par Claude Cordier

S’il passe avant moi S’il me fait le coup du « Tout est bien, je pars tranquille, poursuis ta vie »

S’il ose me conseiller en un dernier soupir :« Refais ta vie, oublie moi, d’autres te méritent autant que moi." Son corps parti aux oubliettes du cimetière, ne me laissant même pas ses cendres pour m’en couvrir la face. J’imbiberai le mien de ses odeurs. Son déodorant à bille parcourra tous mes interstices, même les plus intimes, ça va me gratter mais j’aimerai cela. Je placerai sous mon oreiller ses derniers sous vêtements. Je snifferai régulièrement les dessous de bras de ses chemises sales. Et dans l’eau de la baignoire où j’aurai versé en abondance son parfum préféré, je me laisserai engloutir, avalant sa fragrance par litres entiers jusqu’à l’extinction de mes propres sudations et ma vie même. Lorsqu’on m’incinérera, certains, au nez fins, objecteront : la fumée sent le Butylene glycol, ce qui n’entre pas dans la composition d’un parfum féminin, et songeront : "Même en cendres elle garde le parfum de son Homme."

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