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La burka je l’ai portée librement

lundi 25 janvier 2010, par Claude Cordier

Autobiographie:je fus longtemps mariée à un indien musulman dont j’eus deux enfants libéraux et tolérants. Lorsque je vivais en Inde à ses côtés, j’ai connu la foule masculine des queues au cinéma, la main directe aux fesses, les attouchements...

Tous songeaient:elle ne porte pas le parda(longue écharpe dont les femmes se couvrent la tête quand un homme étranger les rencontre, cela produit un joli geste de la main comme une envolée)pour cacher sa chevelure, on peut tout se permettre, c’est une pute !Lorsque je racontai ma mésaventure à mon époux il me reprocha : Fallait me le dire je les aurais tous baffés.Tous ?Les salles de cinéma à l’époque étaient très vastes. Je ne vis qu’un seul film Leïla Madjnu (Roméo et Juliette indien)très pudique et très respectueux de la vertu des filles. Mes charmantes belles sœurs, dont deux travaillaient dans l’enseignement, ne sortaient jamais dans la rue sans revêtir par dessus la kurta et le pyjama traditionnels qu’elles portaient en famille comme moi, un long habit noir, qui couvrait la tête. Il ne restait pour voir le monde devant les yeux qu’une double grille en fil noir. Je m’en étonnais, elles m’expliquèrent qu’ainsi elles se sentaient libres d’aller et venir dans toutes les rues de Bénarès, sans besoin d’être accompagnées par un cousin ou un frère pour les protéger et les surveiller. Je me vêtis ainsi et bras dessus bras dessous nous allâmes nous allâmes nous promener joyeuses parmi cette foule en majorité masculine. Nous pouvions voir sans être vues, liberté suprême et je n’eus à subir aucune main baladeuse. J’espère qu’en France, aucune femme n’aura de bonnes raisons de se dissimuler ainsi pour avoir la paix. Si elles le font, respectons leurs peurs,tout dépend des hommes.

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