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Grand bien me fasse

dimanche 6 décembre 2009, par Claude Cordier

Et que les dieux m’interprètent et me relancent comme un ballon de baudruche lourd.

Qu’ils jouent avec mes nerfs, mes colères, mes sentiments, qu’ils recueillent mes larmes. Que mes yeux soient leurs billes et mes orbites leurs cibles. Surtout qu’ils ne me disent pas ce que j’aurais dû être et faire. Qu’ils ne soient jamais sentencieux ni instructeurs, j’en ai tellement entendu et lu. L’écrit trahit, le mot transforme la pensée, la syllabe réduit, le phonème hésite. Toujours. Lorsque je dis Je, je ne parle de Moi, mais de toutes celles qui ont émis le mot Je il y a des années et ce jour même où je perçois ce son qui doit me renvoyer à mon existence présente. Au son de ma respiration, à la perception de mes muscles, mes doigts de pieds froids mais vivants et ma langue collée au palais. Cet instrument du langage qui sait exprimer des labiales, des palatales, des dentales et autres glottales, qui a décidé de ne produire plus aucun son, même pas un cri de bête en rut ou en détresse ce qui revient au même. Le même corps, la même impression de ne plus rien comprendre à mes cinq sens. Toujours. Réduire les perceptions et les expressions. Même pas lever le petit doigt qui sait tout et ne révèle jamais rien Face à l’air ahuri des autres, prier les dieux de les effacer d’un coup de gomme plastique

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