Accueil du site > Les écrits de Claude Cordier > Les Fulgures de Claude Cordier > Le crash

Le crash

lundi 13 juillet 2009, par Claude Cordier

Ma mère m’a dit avant que je parte:Il est hors de question que tu meurs avant moi. Et si c’est le cas, préviens-moi, afin que je prie pour ton âme mon fils.

Le vol Paris NY Air France 333 n’est pas ce qu’on appelle un voyage à risque,je ne transite pas par les Comores,je fly direct yeux fixés sur l’écran vidéo qui diffuse les Mustfilms et puis je dors. Une charmante hôtesse cause dans le poste:Chers passagers, vous allez pouvoir mettre en pratique ce que je vous ai enseigné avant le décollage.Je me réveille et me souviens que je ne saurai pas me rappeler de ce que je n’ai pas retenu d’une leçon que je n’ai pas écouté,comme à l’école. Je constate que mon voisin a placé sur son nez une sorte de masque de clown et autour de son cou une bouée orange.Il me fait signe par un geste clair que l’avion est en train de plonger. Je saisis mon téléphone mobile afin d’appeler Maman,cela fait Bziz. Elle doit être chez le coiffeur.Une forte envie de pisser me prend, je me redresse,le majordome très pâle me fait signe de m’asseoir,je me retiens de lui reprocher que l’on ne nous a toujours pas servi à dîner.Pas grave,d’autant que des tas de passagers se mettent à vomir. Je hurle:Il y a des sacs pour ça !Tout en urinant sur mes sandales.Je sais que la situation est fatale,si mon corps se laisse aller face au danger c’est que la fin est proche. Comme il est impossible que je meurs avant ma mère,elle trépasse d’une crise cardiaque à l’annonce radio du crash du vol AF333 sur la banquise.Aurait-elle apprécié le récit de mon sauvetage ?:l’avion sombra en eau glaciale,les passagers en gilets jaunes périrent dévorés ou noyés par les prédateurs locaux,je fus adopté par un couple de phoques qui me laissèrent pisser dans l’océan et chanter BZIIIIZ.

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette