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Après la nuit

vendredi 19 juin 2009, par Claude Cordier

Quand vont-ils me lâcher ces rêves récurrents qui embrouillent ma perception de la vie ?

Cela s’est bien passé ce matin. Je me suis réveillée et il n’y avait personne. Le chef de meute était parti au travail et les enfants à l’école. J’ai rangé sous le lit mes armes nocturnes, mon épée luisante et mon Colticoïde à tête chercheuse. Je me suis préparée à aborder ce monde, ai lavé ce corps humain en entier, même les trous. Il fallait qu’aucun des êtres de la nuit ne perturbe ma journée. Le chat, ses miaulements, ses caresses forcenées, la caissière sournoise, les enfants encombrants, les mémés radoteuses et les gardiens zélés. Ils sont tous là de jour comme de nuit. Autant en mes rêves je peux les contrôler autant dans la réalité ils me dominent. Quand la caissière me dit : cela fait 3€, je sortis de mon sac mon Colti. Elle me demanda : vous prenez le Truc ou pas ? Je l’estourbis d’un trait. Puis me rendormis.

Cela s’est mal passé ce matin. La maison était envahie de vivants, des flics, des chats de toutes couleurs, des enfants nus, d’autres agressifs, des mémés radoteuses, je tentais de virer tout ce monde poliment, mais rien n’y fit. Lorsque le plafond, envahi de cadavres, s’effondra sur l’humanité gâteuse, je me dis qu’enfin il fallait me réveiller. Grand bien me fit, car je pus récupérer sous les décombres mon Colti et trucider le bébé rescapé qui, avant que la balle ne parte, hurla : JE SUIS TOI !

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