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Le petit piano

lundi 20 avril 2009, par Claude Cordier

Pervers polymorphes, c’est ainsi que la psychiatrie en un temps intitulait les enfants. Osons nous souvenir de nos pulsions assassines bien justifiées.

Le petit piano a dit que je voulais enterrer la mémé dans le sable du square, il a dit aussi que je voulais brûler la porte de la chambre de maman et que papa ne serait pas content. Le petit piano, que je n’ai pas cessé de faire tinter, a bien énervé la famille et n’a rien compris à son discours. Il semblerait que je sois le seul à comprendre ce que le petit piano veut dire. Quand les gros durs de la police m’ont questionné, j’ai dit que je savais que la mémé voulait mourir car le piano l’avait dit, ils ont trouvé cela glauque, morbide, destructeur, antisocial et m’ont amené devant un juge qui jouait du violon, et j’ai bien aimé.

J’ai toussé pour faire comprendre que j’étais un peu malade, alors ils ont été gentils d’autant que la mémé est morte calmement dans son lit, rien à me reprocher.

Le petit piano a repris ses gammes, je l’entends et il semblerait que mon popa en fasse prochainement les frais. C’est tout la faute du petit piano qui n’en a fait qu’à sa tête de piano fou.

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