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Ceci est l’histoire d’une désespérance inéluctable,

vendredi 11 novembre 2005, par Claude Cordier


de quelqu’un qui ne voit pas le bout de ses soucis, une sorte de trop plein de l’inimaginable, le puits du fou, l’extrême limite de l’incommunicable. Le lieu où l’on cesse de parler, de dire, d’écouter, d’entendre, le lieu qui s’apparente à la mort, la mort aux autres tant les autres vous dévorent de l’intérieur, comme des monstres insatisfaits. Et l’on ne sait pas fermer sa porte, car cela est contraire à la générosité que toutes religions vous enseignent, alors on compose en refrénant nos pulsions de rejet, comme des maladies honteuses, et l’on s’oblige à supporter l’insupportable que sont les autres, certains autres qui n’existent que par le regard d’autrui, ces vampires auto communiés, lavés de tous soupçons, si douloureux qu’on se saurait les pousser de peur qu’ils tombent. Alors, notre corps prend le pas, s’endurcit, se raidit, crispe ses muscles et tendons et deviens de pierre pour ne pas hurler de douleur, et se fait porteur, souteneur de la douleur d’autrui même si on n’en a rien à faire de la douleur d’autrui, le rôle veut que l’on tienne la tête et le dos droit, comme des murs, des remparts dont les fondations puent l ‘éboulement, la lassitude, le salpêtre, mais l’apparence saine comme au premier jour. Taré à l’extrême mais noble jusqu’à la fosse. Qui ne sera pas sceptique comme tant d’autres. Tant la sainteté absout de tout même du malheur.

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