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Conte d’Afrique, pour Gaspard et Ninon

mardi 16 décembre 2008, par Claude Cordier

Sont venus sans bruit malgré leurs énormes pieds et leurs corps immenses, les ont posés autour de ma tente comme autant de traces bienveillantes. Ont tourné 5 fois puis s’en furent car le vent balayait leurs traces, s’enfournait entre les toiles et transformait ma baignoire en bac à sable.

Puis,sont apparus les petits surveilleurs à pas feutrés comme coule la dune en sculptant lentement l’horizon. Ils étaient dix suricates blottis sur mon lit.Un seul guettait entre les plis de la toile de tente fixant l’obscurité. Au matin,les mastodontes la vieille femelle devant les autres trébuchant sur leurs petits à leurs pieds affectueux. J’étais éveillée et buvais à pleine main l’eau de source qui alimentait l’étang artificiel.La plus jeune m’aspergea juste pour prouver ses capacités, la mère me saisit avec ses défenses et me trempa 3 fois comme une soupe. La matrone me couvrit de boue,des pieds à la tête,pour me protéger des insectes disait-elle. Lorsque les suricates me virent revenir à la tente en cet état, ils émirent des cris de détresse. Puis le guetteur, aguerri à toutes les épreuves, annonça que je n’étais point un monstre des sables mais un pauvre voyageur englué de boue.Tous s’acharnèrent à me nettoyer de leurs langues râpeuses, certains transportaient de l’eau dans leurs joues et m’aspergeaient, d’autres grattaient la croute avec leurs longues griffes sans toutefois me meurtrir. Non, ce n’était pas un rêve, car en rêve je vole et là j’étais sur la terre, bien ancrée dans mes racines. Personne ne me croit lorsque je raconte ma vie, sauf mes petits enfants.

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