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Plus tard je serai poubelleur

dimanche 5 octobre 2008, par Claude Cordier

Ma mère savait y faire pour récupérer des choses mirifiques comme ce tunnel vert en bois qu’elle me ramena sans paquet cadeau et sous lequel tous mes jouets passèrent de la DS Dinky toys du pépé jusqu’à la fusée construite dans une boîte de conserve

Notre maison était meublée de tout ce qu’elle rapportait. Un matelas pour elle, je me souviens que c’était pour la consoler que j’insistai pour dormir à son côté sinon j’aurai bien pris mes distances en dormant dans le panier du chat, un vaste berceau en osier au point d’accueillir un bébé qui ne vint jamais. Touts les derniers mardi soir du mois, elle sortait ma poussette, je m’y asseyais et tenais une lourde lampe torche, nous parcourions les rues du quartier qui devaient dès le lendemain être vidées d’objets encombrants. Je braquai l’objet intéressant, là une chaise à réparer,non nous vivons par terre, là un lampadaire en rotin, oui nous aimons la lumière, ici un miroir : Si Maman pour que je puisse te faire des nattes et moi la raie au milieu. Si les gens ont tant de choses à jeter c’est qu’ils n’ont que de petits besoins et lorsque le jour de la grande débâcle la majorité saura s’adapter comme tout bon primate et vivre de trois fois rien. Lorsque je serai grand je serai Boueux (en 1563 employé chargé d’enlever les ordures) et serai très fier d’apporter à ma mère tout ce qui se fait de mieux en ce milieu.

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