Accueil du site > Les écrits de Claude Cordier > Les Fulgures de Claude Cordier > Création éphémère

Création éphémère

dimanche 7 septembre 2008, par Claude Cordier

On me dit de lâcher à droite puis de tourner à gauche, puis de prendre la tangente, puis de tenir la dragée haute à ceux qui pensent droiture et de nourrir le vent de gauche.

Un me dit de ne plus écouter le vent d’où qu’il vienne, de ne plus entendre que la voix de l’intérieure, qui parle en diagonale et éventuellement de bas à gauche, de droite au milieu et dessus vers le bas, et nulle part à quelque part, et de lointain à prochain, et de circonstance à non compréhension, et de parler à rien dire, et de pliage des genoux à extension des membres. On me conseilla aussi de chanter vers le ciel et de tracer au sol des tableaux de sables. Je m’y astreins et couvris d’images les sols des déserts. J’en étais fière, les aigles survolaient admiratifs, les chacals n’osaient y poser la patte, l’oiseau coureur les contournait, les écureuils fouisseurs creusaient leur terrier ailleurs, et le soleil ardent tentait de fixer les couleurs comme autant d’éclats de verre. Puis la tornade survint. Je les vis arriver de loin les divinités autoritaires pressées de rabaisser mon orgueil. Les grecs, les hindous, les hopis et tous les autres qui édictèrent des lois afin de maintenir face au sol l’humanité prétentieuse. Les vents de toutes parts balayèrent mes images qui, cristallisées sous l’effet du soleil, se regroupèrent en une boule de feu qui perfora mon visage et fit que depuis j’illumine ma chambre tel une luciole joyeuse

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette