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Nue sous la coquille

jeudi 28 août 2008, par Claude Cordier

La petite est née en juillet, on ne sait pourquoi elle ne reçu pas assez d’ultra- violet, au point qu’à 6 mois elle ne se tenait pas assise et que pour la photo, on dut la caler avec des duvets.

Rachitique, on lui balança ultra violet artificiels afin de compenser, quoi ? Le fait que sa génitrice défaitiste enceinte et déprimée avait tenté de se noyer. Entre 4 et 6 ans, elle supporta les exercices qu’un gentil rééducateur lui imposait. Hôpital Saint Louis année 1957, la petite se présente nue face aux spécialistes de la scoliose. Sa mère est présente, qui ne souhaite que son bien. On place sur son corps, en position idéale pour redresser sa colonne, des bandelettes argileuses, elle ne doit plus bouger. J’obtempère, l’éducation paternelle a bien joué sa partie, moi à 7 ans j’obéis au n’importe quoi, ne bouge pas et hésite à respirer. On me félicite, puis on tend à ma maman une sorte de coquille dure, à la forme de mon corps idéal, enrobée de coton et de doux maillages. Il faudra que j’y dorme ainsi bridée chaque nuit, afin que ma colonne tordue rejoigne les belles colonnes droites de la majorité impériale. Je ne sais pourquoi ma mère oublia le fait que je ne dormais jamais sur le dos. Lors, dans cette coque inconfortable et inutile, je creusai mon sommeil de côté comme lorsque j’étais bébé. J’y gagnais une démarche étrangement déhanchée et une horreur des contraintes.

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