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C’est bien ça, j’ai merdé

vendredi 11 novembre 2005, par Claude Cordier


J’aurai dû savoir qu’il le prendrait mal, lui si aiguisé question morale, si conditionné question de ce qui se fait de mieux, au point qu’il n’alla acheter son canapé que chez « Buffalo skin and co » le top du cuir, juste la peau bien tannée qu’il faut, le cautionneur des tortionnaires qui dépècent les espèces qui ne sont pas en voie de disparition. Bientôt , il se commandera un fauteuil en peau de beluga bien blanc, avec couverture d’otarie noire du sud. Il va faire ça, et je devrai le regarder sans rien dire, je ne dis jamais rien, j’agis, cela me semble plus juste et efficace. J’ai merdé, je l’ai déçu c’est sûr. Bravo, je l’ai déçu cet incongru, et je reste poli, j’aurai dû savoir qu’il n’aimerait pas les tags fulgurants que mes copains ont essaimé sur les murs de son loft branché parisien, lui si féru d’art moderne au point d’acheter une merde de je ne sais quoi fixée sous plexi pour un chiffre indigne de la lignée trotskiste, tout en méprisant mes essai de réalisme animalier. J’avais tout, la technique, merci les cours du samedi, le touché de la couleur, le sens de l’ombre, et l’élan dû à l’amour de ce que l’on peint. Ce con devant mes ours polaires m’a asséné comme on balance une barrière, comme on castre, comme on fait taire les femmes qui osent parler, comme on bâillonne les déviants indiens déniés, donc devant mes ours plus vrais que nature, a dit : Ah on se croirait chez Walt Disney. Oui papa, les animaux n’existent chez toi que par la vision des dessins animés, en dehors de ça le road runner ne parcourt pas les landes désertiques de l’Arizona, et le coyote n’attend pas la nuit pour interpeller les navajos dans leur hogan, non papa les réalisateurs d’Hollywood ne sont pas regardants, ils font comme toi ils mêlent rien à tout et produisent du vent. Alors j’ai merdé, je n’ai pas pu écouter tranquillement son discours du soir sur les grandes options de l’Amérique nouvelle, il avait voté juste, entre autre pour celui qui défend la peine de mort pour les très méchants et n’autorise pas l’avortement pour les petits qui éventuellement pourraient devenir des très méchants serial killers comme leur anonyme origine peut les y conduire. J’ai fermé les écoutilles, genre oreilles, les yeux aussi, son regard était insupportable, je l’ai décédé d’un simple coup de feu avec le fusil de l’arrière grand père qui ne s’en servait que pour la chasse au daim malade, j’ai opté pour la seule solution possible, abattre le daim malade avec l’arme de Robert, l’arrière grand père, qui je suis sûr d’où qu’il veille me supporte dans mon action. Même si j’ai merdé, car ma mère cette sainte s’est empressée de me dénoncer à la police , et je suis là incarcéré sans visite familiale, car la famille vous tue à petit feu, mais très soutenu par les autres, les autres qui sont légions et ne périront pas par ma mort.

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