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LE RAT

samedi 21 février 2004, par Claude Cordier

Si la terre est ce que l’humain en fait, d’ici peu elle sera invivable, sauf pour les rats qui s’adapteront en toutes circonstances.

C’était il y a bien longtemps, je n’étais qu’un petit raton désœuvré, la seule chose qui importait dans cette maison était un bébé braillard lové dans un couffin suspendu à la poutre maîtresse de la maison. Le bois est solide tant qu’on n’ébranle pas ses fondements. Ce que je fis en grignotant ses fondations. Le bébé braillard chut avec son panier, mais le berceau était rembourré et le sol de terre meuble, le tout rebondit joyeusement et le bébé me fixa en agitant ses bras roses, balbutiant en son langage universel : on recommence ? Puis en son langage sous terrain d’humain en devenir : tu ne perds rien pour attendre saloperie de bestiole. Alors, je ne fus plus un petit raton désœuvré mais un grand rat sur mes gardes, tant que le bébé humain dominera la terre, ce qui ne devrait plus durer trop longtemps, au vu de ce qu’il en fait joyeusement.

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