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Né, menottes aux mains

vendredi 20 février 2004, par Claude Cordier

Nous évitons la prison à des bandits politiques et nous accouchons des détenues menottes aux poignets.

Bienvenue, petit français, en démocratie aléatoire et contingente ! Ouf ! Suis né en ce monde d’humains. Pas facile ma venue. Elle a crié bien fort la maman. L’ont pas aidée beaucoup les grands autour, on aurait dit qu’ils nous surveillaient, des fois que je refuse de sortir. Certains le font ou traînent, comme les baleineaux. Moi, suis venu en glissant pour qu’elle ait moins mal. Elle m’attendait depuis des mois comme un sauveur. J’ai rien pu sauver de son malheur. L’a même pas pu me câliner comme le font les autres mères. Nous étions deux à nous débattre pour nous rejoindre, moi ligoté par des mains étrangères et elle attachée aux barreaux du lit. La prochaine fois, je choisirai réincarnation baleineau, c’est un peu long mais au moins maman ne sera pas menottée, si elle est encore vivante

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