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MANDOLINE SANGLANTE

lundi 9 février 2004, par Claude Cordier

A vous dégoûter de la cuisine (en attente de la version corrigée par l’intéressée)

Ma mère est férue de cuisine, elle glane des recettes au cours de ses voyages en territoires étranges et sur Cuisine TV. Elle s’équipe également d’engins bizarres et éventuellement tranchants. Quand elle est en cuisine, c’est « ne pas déranger », comme on ne la dérange pas en peinture sinon lâchage du pinceau comme du fouet, alors le résultat est immangeable et l’humeur sévère. Mais, il advint qu’un jour j’entendis un hurlement provenant de la cuisine, je lâchais mon livre et m’en fus en catimini écouter derrière la porte. Elle disait, dans un fou rire : « La mandoline m’a tranché le doigt ». Je poussais la porte avec angoisse et devant le sang répandu hurlait « Maman perd tout son sang ! Maman perd tout son sang ! » Elle me demanda, sans cesser de rigoler (l’est barge ou quoi ?) d’aller quérir la poudre hémostatique (C’est quoi ça ? C’est où ? Ca vient de sortir ?). Son doigt pissait le sang sous le robinet d’eau froide, je finis pas trouver dans la pharmacie la poudre miracle qui n’hémostasiait rien du tout tant la coupure était profonde, un gros bloc de coton assura l’inondation. Maman ne s’était pas vidée de son sang et rigolait toujours du fait que la salade du concombre assassin comporterait un morceau de son corps et qu’elle n’avait pas réussi à mettre l’autre index dessus. Cela nous fera des protéines.

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