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Soi société anonyme

samedi 4 septembre 2004, par Claude Cordier

Préparer nos réveils c’est s’entraîner à notre mort. Qui n’a pas vécu la sonnerie du monstre comme une torture, ne peut comrendre.

Je cherchais la rue des rêves et buttai sur un barrage. Un gars stylé me demanda : avez vous quoi que ce soit à déclarer ? Je songeai : enfin on me demande mon avis, on ne passe pas outre, on tient compte de mon êtretude, on est prêt à affronter mes différences, enfin ! Le gars ajouta : faites vite, le temps passe, z’êtes pas tout seul. Je murmurais : moi. Il dit : non pas vous. Je dis : si moi. Il dit : bon, z’êtes passé, rien à dire. Je cherchais la rue des rêves et je buttai sur moi même. Moi et mon associé le raton, on a crée une société où rien n’est à déclarer et surtout plus rien à dire, car tout le fut en son temps et bien joliment, alors on se raconte nos rêves et on s’en nourrit mutuellement. On a propulsé nos pensées et songes sur des ondes invisibles, peu sonores, mais sensibles à qui sait les percevoir. Des rêves nous sont revenus comme autant de langages précieux, lourds à décrypter, dont celui du gars stylé. Il tentait de gravir une montagne embrumée et dépassé par un chevreau perdit l’équilibre et sombra, petit caillou dans la ravine. Le raton, philosophe, dit : le style ne suffit pas au rêveur, pour voler il faut l’esprit.

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