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Caillou poli

à Coraline

dimanche 11 juillet 2004, par Claude Cordier

"Il semblerait que l’on n’ai plus le choix" dirent les vautours qui sont toujours de bon conseil surtout pour ceux qui entendent les vents des hauteurs.

Histoire éthologique primaire. Ils étaient 60 millions, 100 ans plus tard on massacra avec force. On cessa juste à temps pour qu’ils puissent se reproduire. Mais l’envie n’habitait plus l’espèce, le dégoût submergeait tout, les cailloux avant si polis, les vagues avant si jolies, les nuages avant si joyeux et le bruit des oiseaux avant si nombreux. Quand le caillou n’est plus poli, l’espèce vivant près d’eux devient grossière et se dispute pour un rien et surtout pour s’autodétruire. L’espèce passa humiliante et destructrice des faibles, elle mit des étiquettes sur les premiers à abattre, il y eut des bavures, vite absorbées. Ils étaient si peu nombreux qu’il n’en resta plus que deux, assis côte à côte sur le caillou poli, épuisés par les siècles de guerre. L’un dit : Il fut un jour où tout fut possible. L’autre dit : Il fut un soir où tout s’obscurcit. L’un dit : Il fut une peur terrible. L’autre : Il fut un matin où la vie…... Ils versifièrent longtemps ainsi, en bons compagnons stériles, puis dépérissant furent nettoyés par les vautours qui ratissent bas et peuvent voler si haut.

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