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C’est un monde ou le monologue du destructeur généraliste.

vendredi 11 novembre 2005, par Claude Cordier


Il m’avait dit tu ne vas pas en chier une pendule. Une pendule ? C’est quoi ? Qui en rencontre encore ? En dehors des boutiques d’antiquaires. Non, je n’allais pas lui en chier une puisque je gardais tout pour moi, moi tout seul. C’est un monde, tous ces gens qui pensent qu’ils sont importants dans notre vie alors qu’ils ne font que passer, et que l’on s’en passe très bien. Des nécessaires inutiles. Je n’allais pas lui raconter le tout de l’histoire puisque dès le début il décrochait. Des fois les gens sont peu avides de nouveautés même glauques, c’est terrible tant des fois ils ne s’intéressent à rien, ou à pas grand chose et je ne détaillerai pas. Je vais faire pauvre et unique, comme si à moi seul importait ce qui va suivre bien que d’autres en ont eu à en pâtir, mais bon, considérons qu’ils s’en foutent tant que ça ne les touche pas directement. Programmez une vaste extinction de l’espèce par une pollution quelconque, un météorite, alors ils sont là à s’agiter comme des fourmis terrorisées, attendant le sauveur qui rétablira leur droit à la survie, mais dans ce cas mes petites, personne ne survit, et c’est ainsi. Moi, je ne leur ai parlé que de quelques victimes innocentes, est-ce toujours le cas ?, là ça l’était car les victimes ne sauront jamais pourquoi elles ont fini en bouilli bordelaise . Et reconnaissez que c’est un tantinet pénible de ne pas savoir de quoi l’on meure. On aurait préféré un bon cancer ou le sida plutôt que cette incertitude accidentelle. Comment vont-elles faire toutes ces victimes quand elles se présenteront devant le juge suprême : Moi je ne sais rien, je n’étais même pas là, ça m’est arrivé sans prévenir, je n’ai rien à me reprocher, c’est un dingue qui m’a envoyé en ce lieu, voyez avec lui, faites que je ne subisse pas les conséquences de son indéterminisme, parce que là ce serait trop, trop injuste, vraiment, moi je ne mérite pas ça c’est vrai demandez à ma mère. La mère a bon dos, elle est morte aussi dans l’explosion, et renâcle également à se faire une raison prétendant même que la simple justice serait de la renvoyer dans ses foyers. Ses foyers qui ne sont plus rien, la petite a très bien accepté son sort et elle s’en sort très bien en acceptant sa réincarnation rapide en belette. Que demander de plus ? Le mari aussi a tout senti relatif et a plongé vite fait dans une sorte de non dit, de néant tranquille et il ne souhaite pas qu’on l’y en sorte. Alors qu’est-ce qu’elle nous fait chier la mère à vouloir retenir le temps. Ce n’est plus la peine. Il fallait y penser avant et donner à son entourage l’envie de vivre avec elle, mais elle était tellement chiante que personne n’y parvenait. C’est ainsi, et je ne suis que l’outil de la chance. La chance pour qui ?

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