Accueil du site > Les écrits de Claude Cordier > Les Fulgures de Claude Cordier > Motel sans étoile

Motel sans étoile

samedi 19 juin 2004, par Claude Cordier

Polar est un genre mineur que j’adore, on peut y fourrer tous nos règlements de compte et le reste sans se faire passer les menottes.

Sont sales les gens qui pieutent ici, en proportion de ce qu’ils payent et ce qu’ils reçoivent, pas de petit déjeuner décent (un cake, un café froid en poudre), ménage vite fait, vermisseaux dans les toilettes (humidité oblige), eau non potable sauf comportement à risque ou intestins blindés.

Sont sales en général et pauvres mais pas à ce point là. Y’avait du liquide rouge sur tous les murs, la moquette, les draps, la baignoire bouchée, même les chiottes qui refluaient des matières glauques et visqueuses.

Comment avaient-ils eu le temps ces clients de foutre un tel bazar en si peu d’espace ?

La police m’a interrogée longtemps, j’avais faim malgré l’état du lieu, il faut dire que je commence à 7 heures et me lève à 5.

Ils n’ont pas compris que je ne vomisse pas en voyant les écritures sanglantes sur le mur juste au dessus du joli tableau avec les gazelles brodées dans la savane. J’ai juste parlé du ménage que je dois faire tous les matins quand les clients sont sortis, ceux là n’étaient pas là quand j’ai pénétré la chambre à l’aide du passe.

Y’avait personne, pas un bruit, juste plein de saletés et ces mots en rouge sur le mur au dessus des gazelles : Crève salope !

Le sang des salopes couvrait les murs et la moquette, la police les a retrouvées au nombre de trois coincées dans le coffre de la BM garée devant la chambre, comme elles n’avaient plus rien pour salir, le coffre était nickel.

Faut croire qu’il n’y a que sur moi que tombent les galères.

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette