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Entre l’évier et le placard 2

samedi 12 juin 2004, par Claude Cordier

Où le devenir des faibles rejoint la force de la nature.

Devant l’ordre qui lui est fait de jeter les ordures du jour, elle décide alors de garder les restes en un endroit secret, préservé, connu d’elle seule, elle verra plus tard qu’en faire. Plus tard, laisse toutes les opportunités, plus tard c’est ne pas vivre dans le présent, sale, triste, c’est espérer que ces résidus prendront vie dans un ailleurs repoussé dans le temps. Le temps qui ne compte pas, qui ne compte plus, quand on a huit ans derrière soi de pas grand chose. Plus tard, elle, toujours aussi petite, passe la porte de la cuisine avec à la main, le seau vert. Elle se dirige vers le dehors, le dehors qui est l’inconnu pour une si petite, elle prend le risque. Elle chemine le long de l’allée, le seau à la main, lourd, d’autant plus lourd qu’elle y a mis les rejets de la cuisine, épluchures, coquilles d’œufs, restes d’assiettes… Parvenue à la limite du jardin, elle s’arrête, là il y a la route, les autos, les gens qu’elle ne connaît pas, et le vent. Elle suit le vent, il se trouve que le vent lui raconte des histoires de jardins potagers, avec des plants de tomates luxuriants, elle se fait répéter « luxuriant », comme un mot à digérer plus tard, un mot qui nourrit.

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