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TUNNEL du non retour

dimanche 6 juin 2004, par Claude Cordier

Exister, est-ce communiquer, se révéler par l’autre ? Ou est-ce simplement se reconnaitre dans le miroir du temps, qui ne cache rien ?

Passé cinq ans, plusieurs fois, j’ai pris le tunnel qui ne permet aucun retour, je savais que dorénavant je ne pourrai regarder la réalité comme les autres. Ni ma mère, ni aucun médecin n’a pu comprendre mes visions nocturnes, ils ont tous essayé de ranger ce foutoire dans les circonvolutions du cerveau et m’ont administrée des calmants pour que je cesse d’hurler en leur sommeil perturbé. Je me suis ainsi bien rangée, contrainte, comme on entrave un ours en lui mettant chaînes aux pattes, je fus gentilles et n’exprimais ma folie que dans mes tableaux. L’art permet toutes les déviances surtout quand il fait dans l‘esthétique, alors je me forçais à cacher mon monde sous une forme acceptable, identifiable, réaliste, surréaliste, on me disait : « C’est beau mais on n’y comprend rien ». Pendant ce temps mes rêves divaguaient lentement, nuit après nuit, les souvenirs que j’en avais prenaient le pas sur ce dont je me souvenais de ma vie diurne. Comment gérer l’espace restreint entre ce moi que j’offre aux autres et celui qui n’a rien à dire à personne et qui n’appartient qu’à un moi qui n’est plus de ce monde ?

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