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Les transparents

(à JL)

dimanche 2 mai 2004, par Claude Cordier

Les trans-parents, sont trans et parents à la fois, on ne les perçoit que lorsque notre esprit rejoint celui des autres, l’alchimie ne disait rien d’autre.

Lorsque vous arrivez au cinéma et que vous constatez qu’un queue est distendue, n’hésitez pas, prenez la suite sans trop coller, les transparents ont choisi ce film et ce sont de sacré cinéphiles. Dans la salle, vous les retrouverez juste devant vous, une place centrale laissée vide sans raison apparente indique leur présence. Vous n’en constaterez aucun dans les aérogares, l’atmosphère confiné de l’avion ne leur convient pas et leur moyen de déplacement n’a rien à voir avec ces engins bruyants, ils voyagent sur les nuages, c’est pour cette raison que la queue à l’enregistrement est si touffue et agressive comme s’il fallait se battre pour aboutir au dernier vaisseau. Ils ne seront pas non plus aux Assedic, ni à la poste, ni à la sécu, rien de tout cela ne les concerne. Le jour où les transparents se feront remarquer à votre vue, vous saurez que rien ne sera plus pareil en votre petite vie, le vide y aura pris pied et ne vous lâchera plus. Vous les chercherez en toute file, du zoo au supermarché, du Louvre au Zenith, chaque fois ils vous laisseront une petite place entre eux pour la triche. Vous en profiterez et malencontreusement vous leur demanderez : pourquoi ces égards ? Imperturbables ils vous répondront : car vous êtes transparents vous mêmes. Alors le miroir ne reflètera rien de ce que vous fûtes et la lune en racontera sur vous bien plus qu’elle n’en doit en savoir. Et tout sera dit.

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