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L’homme et le bébé

lundi 26 avril 2004, par Claude Cordier

Le fait d’être parent révèle notre bébétude bien mieux que toutes les histoires de famille.

Je viens de croiser un homme qui portait un bébé d’une étrange façon : La main droite sous le postérieur, la gauche enlaçant l’enfant sous les bras. Le petit était là comme assis dans une chaise. Il souriait. J’eus une première pensée tordue : Il le porte en avant tel un phallus en érection, cela doit être un garçon, il affirme ainsi sa virilité et sa fertilité. Je m’en voulus et la censurai la remplaçant par cette belle idée du père montrant son enfant au monde et lui permettant de le découvrir en première loge, tout en l’ayant à niveau pour lui susurrer de douces âneries affectueuses à l’oreille. La position, étant fatigante, ne peut se tenir très longtemps, mais humainement elle s’avère meilleure que l’assise de ces poussettes boucliers qui propulsent le bébé face aux roues des voitures, comme soldat en première ligne, au milieu des gaz et des déjections. Moi, je préfère la position à cheval sur la hanche gauche (soulagée du poids par un tissu en écharpe) qui donne aux femmes d’Asie une si belle démarche et permet à l’enfant de voir devant et derrière et d’être en constant contact avec les battements du cœur de sa mère. Et vous ?

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