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Cours de théâtre

vendredi 2 septembre 2005, par Claude Cordier

Le jeu théâtral consiste à interpréter des mots pour en nourrir un personnage. L’acteur doit alors être poussé dans ses retranchements pour que le texte de l’écrivain s’insère dans ses veines. Jusqu’à destruction de la marionnette !

"Le seul bonheur auquel mon cœur aspire c’est d’entendre un aveu des plus doux." Le metzenscène:Tu le fais trop mol ma puce, t’es supposée être en manque d’affection en manque réel, tu te traînes sur le sol carrelé, tu vomis dans les toilettes (visionne un peu l’image sur grand écran, le vomi rougeâtre car tu es en phase terminale de tuberculos et tu te redresses vacillante mais joyeuse). A toi ! « Mais hélas, hélas j’ai bien trop peur de vous » Là, tu me troues, tu balances cette réplique exemplaire comme si tu passais commande d’un bigtruc dans un driveaseptisé alors que la petite est enfermée dans son affection illicite que tu es supposée incarner, bon sang de bois de chauffage ! Elle poursuit, raide comme un piquet, toute tendue vers le besoin de perfection demandé dans lequel elle est aussi engluée que le personnage dans sa flamme impossible : « Quand je guette votre passage, lorsque j’espère enfin vous voir, je ne dis pas de doux langage, vous dire… » L’autre brindzingue hurle : c’est bien, libère le souffle et lance ! Elle se demande si elle pourra le dire, tant elle est crispée, déglinguée, en sueur, elle balance : « Je t’aime, à genoux » et pense tout bas : je l’exècre, je le trucide et le réduit en pâtée pour rat. Toute l’équipe entonna : T’es bonne, amène la suite. Propulsée par le flux haineux elle vociféra : « Voilà ce que je veux vous dire, mais hélas j’ai bien trop peur de vous" puis s’enfuit vomir dans les bosquets, où la paix des rats règne.

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