Accueil du site > Les écrits de Claude Cordier > Les Fulgures de Claude Cordier > Papa, pourquoi je pense à toi

Papa, pourquoi je pense à toi

jeudi 20 janvier 2005, par Claude Cordier

Lorsque nous perdons des proches, rien n’est enterré, tout revient par vagues en rêve, parents de cette vie et des précédentes, soyons attentifs.

J’ai fait cette nuit un rêve où je me révélai très dure, résistante, blindée, affrontant les épreuves comme un baroudeur,je me propulsai à 100 à l’heure, sautai des murailles, affrontai les tempêtes. Papa tu nous en fait baver pour que l’on devienne des durs. Moi,la Petite comment aurai-je pu suivre les Grands dans ce parcours du combattant qu’était notre vie ?Les longues marches en forêt,les escalades de rochers abruptes,les plongées en apnée en mer,les réveils à 5 h au sifflet, le sable dans les nouilles,les nuits sous la tente qu’il vente ou qu’il neige. J’ai compris cette nuit pourquoi je fis « pipi au lit » jusqu’à 7 ans, pourquoi je tremblais de peur face aux inconnus, pourquoi je marchais en fixant le pavé pour n’affronter aucun regard, pourquoi d’angoisse je broyais de mes petites dents le cristal des verres de la famille lors des dimanches sans fin, pourquoi je tombais malade, pourquoi je persistais dans mon comportement de bébé : pour ne pas avoir à relier la troupe familiale qui fit où tu lui dis de faire, qui marcha même épuisée, qui attendit ta reconnaissance du chef qui ne vint pas. Papa,je pense à toi,à ta sensibilité,ta faiblesse, ta détresse à la fin qui te permit de donner à mes enfants ce que tu refusas aux tiens car tes ancêtres ne te le permettaient pas. Nous pourrions dire chose identique du grand père et de l’arrière qui sous la lourde loi du devoir se comportèrent ainsi et transmirent le flambeau du devoir. Que tu sois baleine ou autre, je pense à toi.

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette