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Une minute de plus (et tout pétait)

jeudi 4 novembre 2004, par Claude Cordier


L’art de causer jovial esttout bénèf comme la donzelle en tutu rose qui assure un max rue des Oreillons.Une minute c’est long pour un pauv’gars, une minute d’éternité,genre plus rien qu’existe,futur minoche où le spirituel inonde tout, même la sauce.

C’est le gonze bronzé au bar qui m’a fait virer jacquette et débrancher le truc bleu, sinon en moins de deux ça y était. Moins de deux c’est même pas la minute et j’ai pas d’montre, vu que celle que m’avait donné Sébat’ a morflé lors du dérayage, elle a tant morflé que les secondes sont devenues des minutes. Qu’est-ce qu’il m’a dit le gars bronzé ? J’ai la tête en choucroute et j’aime pas le porc vu mes antécédents et les antécédents ça antécédent tellement qu’on ne sait même plus ce que cela interdit vraiment, vu que ma mère était juive, Zelda de Bysance et mon père Bilal d’Istanbul, même origine géographique, diversité culturelle, tant qu’à faire y’a dû avoir du chrétien dans tout ça, le chrétien ça s’immisce partout, c’est comme qui dirait l’esprit saint. N’empêche que fonction respect, je respectais la montre comme une relique que le destin m’a retiré au cours du dérayage, dérapage, débraiement ?Ou quoi-ce ? Le gars bronzé a posé sa grosse paluche sur ma petite épaule et a dit : « Bien, très bien, on la fait sec, on abrège ou tu perds ta dentition juvénile, c’est au choix. » J’ai choisi mes dents. J’ai retiré tout le bastringue, les fils, les charges explosives, le détonateur et la minute d’éternité.Puis, il m’a lâché, lui et ses grosses pattes.La chose faite, il m’a donné rendez vous le lendemain chez lui, 20 rue Oscar, roi des canards Je me levai, pris ma biscofiote, mon laictatine et enfourchant le métro, me rendis rue Oscar. Quand je veux je cause correct. Si je ve !

Z’êtes pas bézef à m’esgourder, et plein à lécher le Jl. Sauf que moi je contribue à la vie du verbiage, en inventant d’autres mots, qui plairont à Pierre Dac et tous ses petits enfants. L’invention s’inspire, la création rend hommage.

La baraque du gonze j’vousdizoupas ? J’voudis tellement c’était maousse, comme un foutu oiseau de ces îles où on ne va jamais, intérieur joliasse comme un lit de nouilles. C’était bien comme univers où crécher, mieux que chez mézigue où les gaines schlinguent le repentir tous les matins pendant qu’on vomit. Des trucs vraiment déchirants aux murs. C’est quoi ce type, y couche avec les artisses, ou il a le fric pour, on ne sait pas nous les gens de la rue comment y font pour se payer des trucs supers et rares tellement qu’on ne sait pas ce que c’est tellement c’est rare, Je cartonne avec mes posters à 1 sou tunnel Nation. Y’avait même des tableaux avec des ours polaires bleus, de comme on sait les peindre seulement quand on a été ours dans des vies d’hier. Enfin, c’est ce que j’ai senti tellement les ours jactaient balèze en mon fort très intérieur, qu’on n’en voit pas le fond ? Il a giclé un drink verdâtre dans mon godet. Suis toujours ready for test question gorgeon depuis que ma génit’ m’a, par errance, fait avaler l’ambre solaire en guise de Pschittcitron. Le gonze a abordé le vif du sujet, le vif c’est très clair, ça coupe net sans bavure, l’sujet a plus qu’à se courber pour prendre les tartes parce que le vif a tout fait avant et qu’il n’a plus qu’à dire oui, comme un con de sujet. Ma génét m’a appris ça, elle a baissé sa garde et s’est mise à genoux devant les vifs et je suis venu à rebours, merdeux.

Z’êtes pas nombreux à m’avoir poussée à l’écrivaillure, j’ai torché mon histoire en solitaire (sauf une fée), suis pas du genre à brouter Verlaine sans goûter à Rimbaud, et Audiard ,e me conterdira pas.Il n’est pas question de copier mais de créer.

Le boss m’a fourgué une valdingue rouge, discret le rouge bourrée d’explosif ?J’ai pas moufté, tant j’avais la honte de m’être laissé embobiner par le concret de la situation. Niais sur le pas de sa super crèche avec la valise rouge et dans ma tête le lieu où je devais la poser sinon, ma génèt, mes ancêtres, mes enfants inconnus, mes cousines germaines qui pourrissent en Loire. Menace universelle sur toute l’engeance, même ceux dont on a plus de nouvelles depuis la mort du petit cousin qu’a passé son bacpro section vache laitière et toutes les cousines inopérantes pré-pubères mais à tout le moins désirables comme toute cousine qui se respecte et qu’on imagine mal accrochée à un croc de boucher dans une sous pente à perdre leur sang jusqu’à plus soif, pendue là par un pervers qui n’aurait pas reçu le soutien nécessaire à ses méfait et le ferait payer cher. Je me pointais au terminal, équipé de la valise rouge. Par le plus grand des bazards, la fouille tordue des DJ de la piste, vu mon faciès de con fini, irréversible, incompressible, m’ont laissé flotter, moi et la Mort qui ricanait fort mais qu’aucun sbire n’entendait. Nous nous sommes tous les deux crashés en mer, pour qui ? Des pauv’ tordus pour qui le sang des autres nourrit leur pouvoir. Là où je suis maintenant il me semble microscopule ce monde. Une minute de plus et je lui pétais la gueule à cette connasse de Mort, qui ricane encore, et c’est bien la seule.

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