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Navajo voie de l’harmonie

A Viviane Lamarlère

lundi 25 octobre 2004, par Claude Cordier


Où l’on constate qu’une tradition vivante n’a nul besoin d’autorité, ni de début ni de fin, où l’on comprend aussi l’attachement de certains à leurs montagnes (alpinistes évitez les roches de Monument valley et de l’Arizona)

La tradition spirituelle des navajos ne comporte aucun clergé organisé, aucun lieu de culte déterminé, ni calendrier des cérémonies, la relation de leur nation avec le monde des esprits est individuelle. Le commencement n’existe pas. Ils ont toujours été là, mais la terre et le ciel se s’entendaient pas et la dispute éclata, la destruction s’installait partout. Les Etres sacrés ont décidé de se rassembler pour convaincre la terre et le ciel de se réconcilier, mais ils ne voulurent rien entendre. Alors l’un d’eux eut l’idée que le Dinéh (= le peuple) accepte de se manifester dans ce 5è monde. L’arc en ciel symbolise ce pacte. Accord conclu, le peuple a rapproché le ciel de la terre, alors la pluie est tombée. Mais la condition à la venue du peuple sur terre fut l’établissement d’un périmètre de quatre montagnes sacrées situées aux quatre directions entourant un lac et d’où le premier homme et la première femme puissent émerger. Ces montagnes sont les abris des anciens qui veillent sur la terre. Assis côte à côte au sommet de la montagne de l’est, premier homme et première femme contemplèrent la BEAUTE. Hymne à la beauté : « Les montagnes, j’en deviens une partie, les herbes, les plantes vertes, j’en fais aussi partie. La brume matinale, les nuages, les eaux qui se rassemblent, j’en deviens une partie. Les gouttes de rosée, le pollen, j’en fais partie aussi . »

Où l’on constate que toute tâche concernat la Vie se fait à deux, homme femme confondus, le reste n’est que futilité.

L’une de tâches du couple primordial fut de construire un hogan (maison) à quatre poteaux Le poteau nord était don de la femme montagne, le poteau ouest de la femme eau, et le sud de la femme graine. Chacun se reposa, la femme, pieds tournés vers l’ouest, l’homme vers l’est. Leurs têtes se croisaient, leurs pensées se mêlaient et ces pensées étaient sacrées . Première femme et premier homme murmurèrent tous deux ensemble des nuits durant, ils firent ainsi le projet qu’il y ait un soleil, un jour et une nuit. Ils étalèrent sur le sol une peau de daim, celle d’un animal qui n’avait pas été tué par les armes, ils y placèrent une turquoise ronde comme le soleil. Ils disposèrent douze plumes d’aigle autour et douze autres autour de son aura. Après quoi ils se rendirent aux différents endroits où le feu couvait sous terre et demandèrent au dieu du feu de chauffer la turquoise pour devenir le soleil. Première femme et premier homme posèrent ensuite sur la peau de daim un coquillage d’un blanc immaculé, sous la turquoise qui devait devenir le soleil. Premier homme la réchauffa à l’aide du premier cristal qui lui avait servi à faire le feu, et la lune apparut.

Où l’on constate que la tradition navajo considérait depuis l’origine la terre ronde et tournant sur un axe (comme les hopis)

Les navajos ont beaucoup appris du peuple sédentaire Hopi, qu’ils pillaient allègrement en terribles razzias :la culture des aliments nourriciers la courge, le maïs et la poterie, mais ils ont su préserver des légendes orales bien spécifiques, une cosmogonie personnelle et évoluer vers une vraie sagesse non violente, après lourdes vexations et déportations dues aux envahisseurs européens. Le hopi, le premier américain agriculteur et bâtisseur c’est lui, le plus ancien village américain du nord encore habité à ce jour s’appelle Oraïbi perché sur un plateau en Arizona, certes un peu en ruines mais vivant. Quel yankee peut en dire autant ? Je vous transmettrai leur légendes si vous l’exigez. Revenons au conteur navajo : Premier homme entra dans la parfaite turquoise qui allait devenir le soleil, première femme pénétra dans la parfaite coquille qui allait devenir la lune. Premier homme prit un sifflet fabriqué à partir du roseau mâle, il comportait 12 trous, chaque fois que premier homme soufflait dedans, la terre se déplaçait d’un mois dans le temps. Première femme prit également un sifflet, fabriqué à partir du roseau femelle, quand elle soufflait dedans c’était le flux des marées qui était déplacé.

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