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SI

dimanche 21 janvier 2007, par Claude Cordier

Si c’est ça qu’il faut que je comprenne, si c’est ça que je doive admettre. Si c’est rien que celà et tout à la fois, je réponds ainsi.

Si c’est ce monde que tu me proposes, moi qui espère en ailleurs, si c’est cela, si moche, si glauque, si gris, si empuanti du vomi de ceux qui ne digèrent pas l’air ambiant.

Si oui, je vais te faire péter à la gueule tes instruments destinés à me contraindre, car je sais les manipuler, les contourner, les dévoyer.

Je sais, même contredire tes rêves, instrumentaliser tes pensées, faire de toi un mollusque heureux de l’être et enregistrer ton vouloir sous forme de bulles.

Argumenter auprès des autres, ceux qui savent et imposent leur savoir, ceux qui m’ont envoyée cette lettre que je ne lus que de très loin, voletant contre le plafond de la chambre. Moi qui n’ai aucune place sur ce plancher, moi qui ne dérange en rien la bonne exactitude du lit, le drap du dessous rangé au carré, la couette du dessus étalée. Moi, dont les pieds ne pèsent plus rien, dont le crâne frôle les poutres, dont les oreilles rejoignent les chauves souris, dont les cheveux tombent en désuétude, dont la bouche bave de la mousse.

Si je devais apposer une idée à la vastitude alentour, je propagerai le rien dire, le rien entendu, le rien exprimé, le rien compri, je dirais à chacun des êtres encore vivants : Silence ! On nous cache tout, on ne saura jamais rien, la vérité est ailleurs.

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