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Mochetée et tout ce qui s’essuie

dimanche 21 janvier 2007, par Claude Cordier

Faudrait pas qu’il se sente supérieur car il me croit moche et se sait beau.

Faudrait pas non plus qu’il se trouve super intelligent du fait que chaque fois qu’il parle, je me tais.

Je ne dois pas sembler niaise, déjà que je ne suis pas affriolante, si en plus je n’ai aucune conversation, si je ne fais aucune référence à sa culture, si je ne cite aucun de ses auteurs adorés, si je ne promets aucune visite en ses lieux préférés, si je ne lui propose aucune de ses déviations sexuelles, ses écoutages joyeux, ses entendements adéquats, ses visiteuses du jour, et ces mots qu’il attendra de moi lorsqu’il aura déversé son humeur et plus en mon être et qu’il se sentira le maître du monde et des 3 univers et du bac à sable.

Je fis tout le contraire, il me rencontra intelligente, cultivée bien au-delà de ce qu’il attendait, je citais mes auteurs préférés, entonnais des chants lyriques quasi mystiques, décrivais mes lieux historiques les plus parlants, interpellais les espèces vivantes les plus à l’écoute de mes préoccupations écologiques, et noya son discours personnel sous un breuvage Reicho-Junguien et tout ce qui s’essuie vivement et nous laisse le balai au sol, la conscience idoine et l’âme en torchon.

Je lui tins la tête hors du marasme, lui qui se trouvait si beau et ne cessait de se mirer dans la glace illusoire et moi la moche qui évitait les reflets.

Au final, dans le bac à sable, mon château le stupéfia.

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