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Vidage de tête

vendredi 1er décembre 2006, par Claude Cordier

La tête me gratte, mes cheveux sont pourtant propres, il semblerait que des bestioles sortent de mon cerveau, surtout au niveau des tempes, elles sont menues et fines et ressemblent à des pâtes chinoises.

Je gratte ma longue chevelure pour leur permettre de partir plus vite et de ne plus m’agacer le cuir chevelu, elles filent sur le parquet, confuses et joyeuses à la fois et fières du devoir accompli.

La nuit, leurs allées et venues m’empêchent de dormir et je me prends à songer de me placer la tète dans le four chaud, mais je suis torturée par l’idée que je ne veux aucun mal à ces bestioles qui émergent de mon cerveau, librement, sans bagage, et qui ont certainement quelque chose à exprimer en dehors de moi de bien plus important que tout ce que j’ai pu dire ou écrire durant ma vie.

Si elles prennent la tangente et vident mon esprit c’est qu’elles ont une bonne raison que je ne connais pas. Je prends patience et écoute religieusement le chuintement de leur progression entre ma tête, le sol et la fenêtre.

Car c’est là sur le bord de la fenêtre qu’elles se regroupent, comme font les serpents en Arizona, elles produisent un nœud serré.

Une petite nouille bravache me dit entre quatre yeux : On a tout vidé, tout gardé, tu peux mourir tranquille, ta mémoire est entre de joyeuses mains.

J’ouvre donc la fenêtre et retourne m’allonger sereine, cerveau tranquille, mais qu’ont-elles fait de mon âme ?.

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