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T’as vu maman

dimanche 26 novembre 2006, par Claude Cordier

T’as vu comme j’écris bien maintenant, maman quand tu joues. T’as vu, je me tiens muet et calme et joyeux de t’entendre à la fois.

T’as vu maman comme je respecte ton travail, que je ne rechigne pas même quand j’ai faim, tu sais maman que je ne te demande rien, même si tu n’entends pas mes silences !

La musique envahit ta jolie tête et ne laisse aucune place au parler et surtout pas au babillage. Papa a lâché l’affaire et semble totalement muet, moi je fais comme le chat, je murmure et miaule parfois doucement, lorsque j’ai faim, alors il me semble que tu lis sur mes lèvres et tu fais une sorte de signe de la main, vers la droite, que papa interprète directement.

La cuisine c’est l’espace de nourriture du bébé et du chat et du Papa cuisinier qui grappille les restes.

T’as vu maman, quand tu envahies ma vie de musique, comme je dessine bien, la famille, le soleil, on est là tous les 3 sous l’arbre, il pleut, il neige, Papa le chat et moi, on n’a même pas froid et nous t’écoutons religieusement et n’avons plus faim du tout, même que si moi et le chat nous mangeons trop, on vomit la nuit et le papa doit tout nettoyer. Mais comme le papa est glauque, il salit aussi et la maison, telle qu’elle est je ne voudrais pas que tu la vois, car tu serais dégoûtée et tu nous quitterais pour une bonne raison.

A l’école, je t’ai représentée comme un ange au ciel qui dépasse la feuille de papier où on peut voir la maison et le soleil. Alors la maîtresse m’a demandé où était ma maman et doucement, pour que tu n’entendes pas, j’ai murmuré : sous les draps de mon lit, où personne ne peut te voir.

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