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Nue à Roissy

vendredi 20 octobre 2006, par Claude Cordier

Suite aux injonctions des polices civilisées qui souhaitent éviter les carnages en haut vol, l’agence de voyage m’avait avertie qu’il faudrait que je me présente sans aucun bagage à main sauf une pochette en plastique translucide comprenant, pass

Je me pointe Nue à Roissy avec une superbe malle tachetée d’écussons de tous les lieux de la terre qui fut enregistrée sans difficulté. Je passais donc le portique de contrôle, alors qu’on demandait à chacun de retirer sa ceinture, à tous leurs chaussures, on interdisait en cabine ceux qui détenaient un Palm, un appareil photo, une trousse à maquillage comprenant une lotion et un déodorant pour ne pas puer après 12 H de vol et un ciseau minimaliste de couture au cas où il fut possible d’égorger avec celui-ci un commandant de bord honnissant la couture du fait que sa femme brodait à pas d’heure au lieu de s’occuper de son aiguille à lui. A bord on me proposa deux couvertures, pour couvrir mon indécence et calmer les ardeurs des voyageurs en classe affaire, car mes divagations entre mon siège et les toilettes, activaient une sorte d’énergie qui pouvait mettre en danger l’appareil. Je la calmais derechef en sombrant dans une phase courte de sommeil. Mes forces primaires activèrent la venue de la Grande ourse qui règne en ce ciel et réduit les besoins des hommes en petite poudre. Les humains manquèrent d’oxygène, prièrent, pour leur survie. Le ciel était noir tacheté de bleu. L’air distillé par les masques sentait le soufre, la tourbe, l’iode, le foin, la coco Bauer, la grenadine, le savon de Marseille et la craie. Tous périrent doucement en souvenir d’enfance. Le seul bagage identifiable fut une malle décorée d’écussons de tous les lieux de la terre et d’au delà.

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