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Dérive 1 le silence

jeudi 30 mars 2006, par Claude Cordier

Il se dégage de moi une bétise lénifiante et lénifier les autres c’est grave implicatif.

J’ai mal aux oreilles, le gros essaye de me faire passer des messages auditifs lourds de sens, je n’arrive pas à lui répondre quoi que ce soit tant je ne comprends rien à la situation. Soudain, on me pose sur un brancard, un gars me pousse le long d’un tunnel, il fait froid, nous prenons un monte charge, lent, très lent, il ne me regarde ni ne me parle, je n’ose pas dire quoi que ce soit.

Ce type est de mèche, je le sens et s’il en est, il faut que je me méfie.

Je ne sais pourquoi je lui dis que mon grand père Jules était franc-maçon au Grand Orient de France et qu’il avait le bras long, alors le brancardier me fixe en souriant et dit « Bien, bien, nous arrivons. »

Je suis givrée, j’ai livré mes dernières armes avant de savoir ce qui m’arrivait, Pépé ne va pas me pardonner, je suis obsédée par l’idée que Pépé va avoir des problèmes avec sa loge à cause de mon indiscrétion, pourtant Pépé est mort depuis belle lurette et je me récuse en expliquant au pousseur que je délire, que je ne sais plus ce que je dis et qu’il ne faut pas y faire attention, n’est-ce pas ? « N’est-ce pas ? » Répond-il comme un automate.

Ce gars, c’est un robot, je n’ai donc pas à m’en faire, il me porte là où on le lui a dit sans réfléchir, sans mémoriser quoi que ce soit externe à sa mission, il ne fait que me conduire et là, je vais la fermer, personne ne saura plus rien de moi ou de mes pères, le silence totale comme en Corse.

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