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Chien de banlieue

dimanche 3 juin 2007, par Claude Cordier

Il y a un chien dans les environs qui aboie en langue anglaise, régulièrement tous les soirs.

Il ne dit pas « ouaf, ni oufouf, encore moins ouah-ouah » Il émet l’exact son « Shut up ! »

Cette phrase émise plusieurs fois par jour et si fort vis à vis des autres chiens alentour implique :« Vous la fermez ! »

Elle en impose aux autochtones, qui de pays en pays, de port en port, ne savent plus en quelle langue s’exprimer, car le jour où les animaux nous parlerons, il faudra fermer notre gueule.

Ce soir le silence m’interpelle. Le chien, aurait-t-il réussi à fermer leur clapet aux chiens d’alentour ? Et ainsi pourrions nous dormir tranquille sous le doux ronronnement de nos chattes, les roucoulades harmonieuses de nos pigeons et le ronflement de nos hommes.

Au matin, inquiète, du haut du balcon j’émets timidement : « Shut up ! » Une meute de loups blancs envahit la rue en hurlant en langue inuit et terrorisent ceux qui en ce lieu ne savent pas ce qu’harmonie signifie. La plupart mettent sous séquestre leurs petits bichons, leurs gros chatons et leurs épouses idoines.

Les loups, hou, les loups ont envahi notre banlieue. Le chien polyglotte tente d’amadouer les intrus, fait face aux crocs, discourt, puis disparait la queue basse.

Rien ne sert de se croire le chef de meute, quand on n’a pas été adoubé par elle

03/06/2007.

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