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MoN OmBrE

lundi 19 mars 2007, par Claude Cordier

Je savais que tout un chacun avait une ombre et moi aussi, sauf que je ne l’avais pas appréhendée, car petite je la fuyais par peur de ne pas m’y reconnaitre.

Et pourtant j’avais des nattes douloureuses bien serrées au dessus des oreilles et qui tiraient sur les racines, qui partaient droite gauche comme des antennes, impossible de ne pas me reconnaitre dans les vitrines des magasins. Reconnue par les autres, oui, mais pas par moi. Moi, je me voyais invisible, impréhensible, incompressible, impeignable, inenjoliable, (cf les enjoliveurs de roues de la Traction Citroën en 1960) indescriptible, inidentifiable, donc Inexistante.

Puis en ce jour, 45 ans après les nattes (faudrait voir à changer votre calendrier les filles qui écrivent 30 ans après mes premières règles, vraiment les nattes c’est mieux.) Donc en montant cette foutue côte, peinant à rentrer dans mon huis, je constatais qu’une sorte d’image en noir et blanc, issue de moi-même me précédait sur le sol et sur les murs. Lors, j’avais tout donné et surtout de l’amour et récupérais la poussière d’ange. Je dus bien me convaincre que ce voile gris qui me survivait, me ressemblait trait pour trait et qu’il dansait, joyeux, imprimant sur les façades des images colorées et poussait dans un charriot branlant une ombre grelotante, chargée de ce que je fus et fatiguée de l’avoir été.

Tous les cauchemars qui encombrent la cave et le placard aux balais, il faut les absorber. A redire 3 fois avant d’Expirer. Tous les beaux souvenirs qui enjolivent vos rêves, il faut les aspirer. A redire 3 fois avant d’aimer, de respirer et de cesser.

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